Les pharmaciens ignoraient qu’ils étaient autorisés à vendre des masques depuis fin mars…

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Nouveau scandale qui éclate ce week-end au sujet des masques et du coronavirus en France. Les pharmaciens étaient autorisés à vendre des masques depuis fin mars et l’ignoraient…




Si les particuliers peuvent désormais se procurer des masques à usage unique en pharmacie, il ne faut pas oublier cependant qu’ils auraient pu en acheter beaucoup plus tôt, comme nous le découvrons sur le site de francetvinfo.fr ce week-end.

Des pharmaciens français désabusés

Vous reprendrez bien une petite dose de scandale avant le déconfinement de lundi 11 mai 2020 ?
En effet, des pharmaciens viennent de découvrir récemment qu’il n’y avait en fait pas vraiment d’interdiction légale de vendre des masques issus de l’importation.

Une confusion qui arrive au pire moment, alors que l’administration avait laissé entendre cette interdiction sans vraiment la coucher sur le papier.

Les pharmaciens étaient effectivement persuadés depuis début mars qu’ils avaient interdiction totale de vendre des masques aux particuliers dans le cadre de l’épidémie de coronavirus. Peut-être faisiez-vous même partie de ces personnes qui, entrées dans la pharmacie pour tenter d’en acheter un, se sont retrouvées devant un responsable assuré qu’il n’avait pas le droit de vous en vendre, se justifiant même parfois d’encourir de six mois de prison et de 10 000 euros d’amende. Certains ont même affiché ces restrictions dans leurs officines.

C’est alors qu’une équipe de journalistes de France 2 et de l’émission « L’œil du 20 heures » découvrent  jeudi 7 mai, qu’en réalité…ils avaient tout à fait le droit de vendre des masques depuis fin mars. Une information capitale que l’administration s’était bien alors bien gardée de leur dire !

Une affaire qui démarre le 23 mars  2020

Nouveau scandale lié au Covid 19 qui démarre alors le 23 mars, date à laquelle le gouvernement décrète que tous les masques présents en France sont réquisitionnés.
Certains expliqueront alors être un peu gêné à chaque fois qu’un client se présentait pour lui demander ne serait-ce qu’un seul masque, étant de répondre défavorablement à leur requête en expliquant simplement ne pas avoir le droit de leur en fournir.
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Une consigne répétée par le gouvernement et appuyée par la porte-parole Sibeth N’Diaye le 17 mars :

Non, les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies.

Olivier Véran ajoutera alors le 19 avril à ce sujet :

Si on commence à ouvrir la vente en pharmacie, ce sera une vente qui sera vite tarie.

Le message est clair  : pas de masques pour les particuliers !

Mais un document du ministère de la Santé, qui est en fait daté du 30 avril, apporte une précision à cette affaire et change en fait totalement  la donne :

Ne sont pas concernés [par l’interdiction de vente du 23 mars] les stocks de masques importés depuis cette date.

Pour la faire simple, les journalistes de France 2 expliquent que, contrairement à ce que pensaient les pharmaciens depuis fin mars, ces derniers étaient libres d’importer des masques pour les vendre, dans la limite de 5 millions par trimestre et par entreprise.

Des milliers de pharmaciens auraient renoncé à commander des masques

Le Conseil d’Etat confirmera ensuite le 5 mai, avec notamment une déclaration de Me Fabrice Di Vizio qui représente certains pharmaciens :

Il y a beaucoup de pharmaciens qui tout à coup découvrent qu’on leur a menti depuis le 24 mars.

Résultat flagrant de ce bafouillage : c’est la population qui a été privée injustement de ces masques dont elle avait cruellement besoin, simplement parce que des milliers de pharmaciens auraient renoncé à commander des masques par crainte injustifiée d’être considérés comme des hors-la-loi. 


Un million de masques ont été bottés en touche par l’ordre des pharmaciens

Toujours dans ce document de France 2, que nous vous invitons à consulter ci-dessous, on apprend que Audrey Lecoq ; qui est une grossiste en matériel médical, avait tout simplement importé un million d’Espagne et du Portugal et qu’elle n’a pas réussi à convaincre ses clients pharmaciens de lui en acheter.

Elle expliquera alors dans le reportage :

Je leur ai fourni le décret, je leur ai fourni une consultation de mon avocat leur disant vous avez le droit de vendre des masques, mais on s’est retrouvés avec un Conseil de l’Ordre et des syndicats qui eux disaient aux pharmaciens : la consigne est de privilégier les soignants et de ne pas vendre de masques’.

Mais la question que sont en droit de se poser à présent les Français est la suivante : pourquoi le ministère de la Santé a-t-il laissé passer plus d’un mois avant d’informer les pharmaciens de leur droit de vendre des masques aux particuliers ?

On découvre alors, en conclusion de ce reportage, que le cabinet du ministre n’a pas répondu aux questions des journalistes à ce sujet.

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