Un conseiller Pôle Emploi se voit menacé de licenciement après avoir aidé des chômeurs

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Yann Gaudin a permis à de nombreux demandeurs d’emploi de récupérer des allocations non versées et cela ne semble pas plaire à sa direction qui l’a convoqué mardi 16 juin 2020 en vue d’un éventuel licenciement…


C’est sur le site 20minutes que nous trouvons cette nouvelle information des plus insolite autour de ce conseiller Pôle Emploi à Rennes, Yann Gaudin, qui est alors convoqué mardi par sa direction en vue d’un éventuel licenciement.
De son côté, l’employé déclare qu’il paie selon lui le fait d’avoir aidé des demandeurs d’emploi à récupérer des allocations non versées. Mais face à lui, la direction se défend d’avoir organisé « un système visant à priver les demandeurs d’emploi de leurs droits financiers ».
Explications…

Pôle Emploi Bretagne à Rennes

Mardi après-midi, Yann Gaudin a la surprise d’avoir un rendez-vous devant la direction régionale de Pôle Emploi Bretagne à Rennes. Mais ce conseiller de 43 ans, employé depuis 2006, ne sera pas convoqué pour un entretien préalable pour être félicité mais plutôt parce qu’il risque une sanction…pouvant aller jusqu’au licenciement.

On me reproche juste d’avoir fait correctement mon métier et d’avoir rendu service à des demandeurs d’emploi.


Yann Gaudin sait déjà ce qui l’attend, même si les faits qui lui sont reprochés ne sont pas notifiés dans le tout premier courrier qu’il a reçu début mai.

Il assure alors au journal 20 minutes :

  En bon petit canard qui s’oppose à de vilaines pratiques, j’ai mis à jour tout un système organisé qui prive des demandeurs d’emploi de leurs droits.

Une affaire qui démarre en 2014

C’est effectivement en 2014 que Yann Gaudin identifie ce qui peut-être considéré comme un premier grain de sable dans l’engrenage.
Une anomalie qui concerne les intermittents du spectacle en fin de droits.

C’est à ce moment que le conseiller découvre que le dossier de demande de ceux qui pouvaient alors prétendre à une aide spécifique de solidarité d’un montant de 324 euros ne leur était pas transmis. Se qualifiant de « lanceur d’alertes » il rédige un mail à 8.000 intermittents bretons et signe alors ici une initiative qui n’a pas vraiment plus à sa direction. Cela lui vaudra même une première convocation qui l’incitera à se méfier et à ensuite tout vérifier.

Depuis ce jour, Yann Gaudin a découvert d’autres pots aux roses au sein de l’institution.
Il ajoute à sa liste des injustices le traitement de certains salaires exclus automatiquement par le système de calcul des allocations chômage.
Tout comme il dénnoncera le fait que certaines aides sont totalement méconnues par les demandeurs d’emploi.

On parle souvent de la fraude chez certains bénéficiaires qui ont trop perçu mais Pôle Emploi créé aussi volontairement des moins-perçus. Les décideurs connaissent en plus ces dysfonctionnements et les entretiennent.



Pôle Emploi se défend

Yann Gaudin aurait donc permis à plusieurs dizaines de demandeurs d’emploi de « récupérer un préjudice financier de près de 200.000 euros ».
Une action qui, encore une fois, ne remportera pas vraiment de succès auprès de sa direction qui répondra en lui adressant une mise à pied pendant une semaine l’an dernier.
De plus, il se dit depuis victime de harcèlement de la part de sa hiérarchie depuis cette période.

Le journal 20 Minutes qui relaie cette information contactera ensuite la direction de Pôle Emploi Bretagne qui assure alors que la convocation de Yann Gaudin « n’a rien à voir avec ses différentes prises de parole dans la presse ».
Cependant, la direction de Pôle Emploi ne fait « pas de commentaire sur le dossier personnel d’un salarié » et se défend toutefois d’avoir organisé « un système visant à priver les demandeurs d’emploi de leurs droits financiers ».

L’institution conclura aux journalistes :

Au contraire, les conseillers de Pôle Emploi aident au quotidien les demandeurs d’emploi dans leurs démarches.

Un nouveau Pôle Emploi’s Gate ?

 

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