Un rond-point « cacahuète » qui fait parler de lui à Nozay

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Voici la petite histoire de la ville de Nozay, en Loire-Atlantique, qui voit le conseil départemental inaugurer ce mardi 7 janvier un rond-point « cacahuète »

C’est un giratoire qui propose une forme tout à fait originale pour remplacer depuis six mois un carrefour devenu trop dangereux

Le rond-point cacahuète

Mais si l’histoire peut prêter à sourire, les habitants sont cependant divisés sur cette forme plutôt atypique et insolite.

On sait que la Loire-Atlantique est à ce jour le département français qui compte en fait le plus de ronds-points. Il comptabilise 3 000 giratoires au total.
Mais si vous connaissiez déjà le rond-point simple, que vous voyez tous les jours, le double rond-point qui reste un peu plus difficile à manœuvrer et le rond-point carré comme celui de Rezé, vous ne connaissez peut-être pas encore le rond-point cacahuète !

Alors qu’il est en fait en service depuis environ six mois dans le nord du département, à Nozay plus précisement, il est inauguré officiellement aujourd’hui, mardi 7 janvier.

Même si à l’origine il a été conçu pour limiter la vitesse et sécuriser le carrefour, il divise cependant les habitants.

Objectif sécurité routière

Il faut bien admettre que, lorsqu’ils empruntent la route Nantes-Rennes et qu’ils bifurquent vers Châteaubriant, ce rond-point plutôt insolite surprend tout à fait les automobilistes.
Ils se trouvent alors face à une structure de forme allongée, tout en courbe. Il reste évident qu’il est plutôt difficile de cerner, dès le départ, l’architecture lorsque l’on aborde ce rond point.

Si vous arrivez par exemple de Nozay et que vous souhaitez vous rendre vers Nantes, vous devrez alors impérativement le contourner dans toute sa longueur. Un passage qui peut sembler durer une éternité. Mais il faut cependant bien prendre en compte que le carrefour initial était quant à lui « en baïonnette ». Ce qui signifie que les deux axes qui coupaient alors la grosse départementale ne se faisaient absolument pas face. Au final, les automobilistes devaient donc d’abord s’engager dessus pour ensuite bifurquer à nouveau pour traverser l’axe principal. Une configuration qui était en fin de compte particulièrement dangereuse et surtout accidentogène, selon le conseil départemental de Loire-Atlantique.

C’est pour cette raison qu’il a décidé de modifier le carrefour. Un investissement de pas moins de  720 000 euros, payés à hauteur de 50% par le département et la région.




Pourquoi le choix d’un rond-point « cacahuète » ?!

Si le choix d’un rond-point « cacahuète » a été décidé, c’est parce qu’il s’est imposé de lui même. Ce projet permettait en premier lieu de ne pas avoir à acheter de terrains à des propriétaires privés. La seconde raison évidente réside dans le fait qu’un rond-point double aurait très certainement créé des difficultés pour les cars scolaires et les camions qui empruntent cet axe très fréquenté tous les jours.

En ce qui concerne l’option d’un gros giratoire simple, il faut bien admettre qu’elle n’a absolument pas convaincu les élus.
Jean Charrier, vice-président du conseil départemental en charge des mobilités, expliquera dans la presse à ce sujet :

« Quand vous avez des ronds-point traditionnels, très souvent des voies sont pratiquement dans l’axe du rond-point. Les gens ralentissent donc moins et ça ne permet pas aux autres voies de s’intégrer facilement sur ce rond-point. Un rond-point cacahuète génère un ralentissement plus important car ce sont deux ronds-points côte à côte et la courbe intérieure permet de faire ralentir davantage les véhicules quand ils sont sur le rond-point. »

Des habitants qui restent divisés

Le geste est louable et la plupart des habitants de Nozay s’accordent bel et bien sur un point. Celui qu’il fallait absolument modifier ce carrefour trop dangereux.
Mais si le résultat est enfin là, leurs réactions restent cependant particulièrement divisées.

Certaines personnes trouvent cette forme-là pas si mal, tout en estimant avoir le sentiment que les gens roulent moins vite. Ils justifient leurs satisfaction en expliquant par exemple qu’à certains endroits de Nantes, il existe deux ronds-points et que ce n’est pas si facile que ça de les négocier. Surtout que les gens, selon eux,  y arrivent très vite. Une situation qu’ils jugent dangereuse; alors qu’avec ce rond-point « cacahuète », ils estiment qu’il y a moins de risques d’accidents.
Certaines personnes favorables sont même convaincues que que cette forme de rond-point contraint les automobilistes à plus lever le pied que s’ils se trouvaient face à un giratoire traditionnel.

Mais d’autres sont bien plus sur la réserve et ont également des arguments à mettre sur la table.
Une habitante qui a été confrontée à la situation explique que ça peut être dangereux la nuit car il faut absolument se concentrer sur la forme de ce rond-point. elle ajoute qu’on a tendance à passer direct dessus…

Mais si ce rond-point ne fait pas l’unanimité à Nozay, il faut savoir cependant que cette forme de giratoire fait déjà des petits. En effet, le conseil départemental va en aménager un autre à Rouans, dans le Pays de Retz.

 

 

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